Savoir lire une étiquette alimentaire en quatre réflexes
Depuis décembre 2016, le règlement européen INCO impose une déclaration nutritionnelle sur la quasi-totalité des denrées préemballées. L'information est donc là, sur le paquet. Le problème n'est plus de l'obtenir : il est de savoir où regarder.
Quatre réflexes suffisent à faire le tri en quelques secondes.
1. Commencer par la liste d'ingrédients, pas par le tableau
Les ingrédients sont obligatoirement classés par ordre de poids décroissant. Le premier de la liste est donc le plus présent dans le produit. C'est l'information la plus dense de tout l'emballage, et c'est aussi la plus vite lue.
Un point d'attention : quand un ingrédient est mis en avant sur l'emballage — en toutes lettres ou en image —, sa quantité doit être indiquée en pourcentage. C'est la règle dite du QUID. Une boîte qui affiche des fruits en couverture doit dire combien elle en contient.
2. Comparer pour 100 g, jamais par portion
La déclaration nutritionnelle est obligatoirement exprimée pour 100 g ou 100 ml. Les fabricants peuvent y ajouter une colonne « par portion », et la taille de cette portion, elle, n'est pas harmonisée.
Deux produits comparables peuvent donc afficher des portions différentes, ce qui rend la comparaison directe trompeuse. La colonne pour 100 g est la seule qui permette de comparer deux paquets côte à côte.
3. Regarder les sucres et le sel, pas seulement les calories
Le tableau comporte sept mentions obligatoires : énergie, matières grasses, dont acides gras saturés, glucides, dont sucres, protéines et sel. La valeur énergétique est celle que l'on regarde en premier par habitude, mais c'est rarement la plus instructive.
Les lignes « dont sucres » et « sel » en disent souvent davantage sur la nature réelle d'un produit transformé, notamment pour des aliments que l'on n'imagine pas sucrés ou salés — sauces, pains de mie, céréales du petit-déjeuner, plats préparés.
Le Nutri-Score, lui, reste facultatif en France. Son absence sur un paquet n'a aucune signification réglementaire : elle indique simplement que le fabricant a choisi de ne pas l'afficher.
4. Savoir que les allégations sont des seuils, pas des adjectifs
« Source de fibres », « riche en fibres » : ces formules ne relèvent pas du marketing libre. Ce sont des allégations nutritionnelles réglementées, chacune associée à un seuil chiffré.
- « Source de fibres » suppose au moins 3 g de fibres pour 100 g.
- « Riche en fibres » suppose au moins 6 g pour 100 g.
- Les mentions comparatives (« réduit en… ») supposent un écart minimal avec un produit de référence.
Autrement dit, ces mentions sont vérifiables : il suffit de revenir au tableau nutritionnel et de comparer. À l'inverse, les formulations qui ne correspondent à aucune allégation encadrée — « équilibre », « vitalité », « bien-être » — n'engagent à rien de mesurable.
Ce que l'étiquette ne dira pas
Une limite demeure. L'étiquetage nutritionnel décrit la composition, pas le procédé, ni la qualité des matières premières, ni leur origine, sauf mentions spécifiques obligatoires pour certaines catégories.
Lire une étiquette permet d'écarter rapidement un produit dont la composition ne correspond pas à ce que l'emballage laisse entendre. C'est déjà beaucoup, et cela demande une dizaine de secondes.
Sources
- Règlement (UE) n° 1169/2011 (INCO) concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires.
- Règlement (CE) n° 1924/2006 relatif aux allégations nutritionnelles et de santé, et son annexe fixant les seuils.
- DGCCRF — fiches pratiques sur l'étiquetage des denrées alimentaires.
- Santé publique France — Nutri-Score, modalités d'apposition.